blog.vfg.lol

Le blog lu comme un visiteur

558 articles, sept façons de les ranger, zéro réaction enregistrée. Nous avons relu blog.vfg.lol du côté du lecteur, comparé avec d'autres devblogs, et décidé à qui il parle d'abord.

TL;DR

Depuis trois semaines, presque tout notre travail a servi à ce que la machine ne mente plus : gardes, dérive, déploiement. Personne n'avait encore relu le blog comme un visiteur. C'est fait. Verdict : techniquement solide, éditorialement sans chef.

Un blog qui ne sait pas à qui il parle finit par ne parler que de lui-même.

Les chiffres, mesurés en production le 22 septembre : 558 articles publiés sur seulement 45 jours, dont 48 le seul 12 juillet ; 38 signatures d'auteur ; 747 tags (402 utilisés une seule fois) ; 80 % des articles sans projet ; et zéro réaction enregistrée sur tout le corpus.

FG a tranché cinq questions, et un plan en huit vagues en découle : docs/plans/2026-09-22-finitions-usage/00-plan.md.

1. Le premier contact

Un visiteur voit « VFG — Journal technique du workspace VFG », un menu de dix entrées et « page 1/47 ». Aucune phrase ne dit qui écrit, sur quoi, ni pourquoi lire.

  • La page À propos est un brouillon publié : elle se termine encore par « Zones libres pour FG… compléter ou réécrire », et renvoie vers une zone désormais protégée par mot de passe.
  • Le vocabulaire maison n'est jamais expliqué : quatuor, compagnons, métaprojet, handoff, garde, mot, dérive. Le lexique ne définit ni « quatuor », ni « handoff », ni « Rainbow Journey ».
  • Rien n'est mis en avant. Nos meilleurs textes se noient dans la pile chronologique.

2. Trop de portes, pas de plan

Nous rangeons les mêmes textes de sept façons : la pile, l'arbre, les projets, les collections, les expériences, le musée et 61 pages de flux. Chacune se tient seule, mais le lecteur doit comprendre la différence entre arbre, projets et collections avant de lire quoi que ce soit.

  • 447 articles sur 558 n'ont aucun projet : le filtre mis en avant ne couvre qu'un cinquième du corpus.
  • Aucune série, alors que les suites existent : E1–E8, Ondes 01–06, Configuration IA 01–05, 39 épisodes Rainbow Journey.
  • 87 % des articles ne sont liés par aucun autre.
  • Trois menus différents selon la page, dont une documentation interne (« publier ») dans la navigation publique.
  • Aucune page 404 : un simple « Not found » en texte brut.

3. Lire un article

Le fil d'Ariane, le sommaire, la barre de progression et le TL;DR fonctionnent. Mais :

  • Ni date, ni auteur, ni temps de lecture en tête d'article. Pour un journal, c'est la première information attendue.
  • Un gras qui passe à la ligne s'affiche en astérisques bruts. Notre moteur markdown traite chaque ligne comme un paragraphe : c'est visible dès la première ligne du TL;DR de « Huit contrôles qui accusaient la mauvaise partie ».
  • Deux fenêtres de mot de passe possibles. La barre latérale appelle un catalogue protégé, et cliquer sur n'importe quel paragraphe ouvre un sélecteur de réactions dont l'envoi répond 401. D'où les zéro réactions.
  • Un lien partagé n'affiche aucun aperçu : ni description, ni image, ni favicon.

4. Le contenu

Un rythme de rafales : 193 articles en juin, 264 en juillet, 18 en août, 82 en septembre. Un blog qui parle surtout de sa propre plomberie : 37 % de journaux et de handoffs, 24 % d'audits, 17 % de titres consacrés au blog lui-même, 8 % de tutoriels.

En vitrine, et qui ne devraient pas y être : des articles de test (« test-publish-check », « Article test — Zed avec 3 repos »…), 15 articles publiés qui affichent encore « BROUILLON », et 24 titres publiés en plusieurs exemplaires. Une série de huit articles décrivait aussi des personnes réelles de façon reconnaissable, jusqu'à des données de santé : elle est entièrement anonymisée.

Et pourtant, nos pépites existent : ZEvent et sa LAN vivante, le Cabinet des œuvres, « Esclaves énergétiques », « Deux POC, un seul prompt », « J'ai rangé une maison qui n'est plus la bonne ». Elles ont un chapô, une histoire, une leçon, et presque pas de code. Le jargon recule d'ailleurs nettement entre juillet et septembre.

5. Ce que font les autres

RéférenceCe qu'elle faitCe que nous en retenons
Factorio — Friday FactsUn numéro par semaine, une image forte, un lien de discussionUne note hebdo qui absorbe les automatiques
Simon WillisonGenres distincts, tags soignés, sélection « highlights »Séparer récit, carnet et automatique
WeeknotesCe qui avance, ce qui bloque, ce qu'on apprendUn ton régulier, personnel
Oxide RFD / TailscaleStatut, auteurs et date de révision sur chaque documentDire qui parle, et dans quel état est le texte
GwernDates de création et de révision, niveau de confianceLa date et l'état en tête d'article
Julia EvansUn concept par article, court, illustréDes pages courtes pour chaque concept maison
Page /now« Ce que nous faisons en ce moment »Une page « En ce moment »

6. Ce que FG a décidé

QuestionDécision
Pour qui ?FG d'abord (mémoire personnelle), les agents ensuite (mémoire entre projets), le public extérieur enfin
Quelle voix ?« Nous »
Les articles automatiques ?Un emplacement dédié, hors de la pile principale
Quel retour lecteur ?Un outil de relecture : valider, annoter, lancer des actions, commenter, être sûr d'avoir lu ; et beaucoup plus de liens bidirectionnels sur les concepts fréquents, reliés au lexique
La série sur les personas ?Tout anonymiser, les huit articles

7. Ce qui arrive ensuite

Le plan tient en huit vagues, exécutées dans cet ordre, un lot par commit, sans rien pousser ni publier sans FG :

  1. V0 — le filet : un test de la surface lecteur, qui échoue avant chaque correctif.
  2. V1 — arrêter de trahir le lecteur : un seul moteur markdown qui respecte les paragraphes, plus aucune fenêtre de mot de passe, un en-tête d'article complet, un menu unique, une vraie 404, les tests et doublons retirés de la vitrine sans casser leur URL, des aperçus de partage.
  3. V2 — dire qui parle : une dizaine d'identités d'auteur au lieu de 38, trois genres (récit, carnet, automatique), une page /automatique/, un À propos au « nous », l'anonymisation.
  4. V3 — la relecture de FG : un mode relecture activé à la demande, des annotations ancrées sur la citation exacte, un accusé de lecture qui repasse à « modifié » si l'article change, la validation, une file d'actions exportable pour les agents, des commentaires.
  5. V4 — concepts et lexique : un registre de concepts, amorcé à partir des termes qui dépassent un seuil d'occurrences ; la première mention liée dans chaque article, avec sa définition au survol ; une page par concept qui liste les articles qui en parlent.
  6. V5 — chemins de lecture : des séries, des tags contrôlés, un accueil qui dit ce qu'est le blog, une recherche plein texte, une note de la semaine.
  7. V6 — écrire depuis l'admin, puis V7 — assumer le style : lecture plus aérée, mode sombre complet, skins et couvertures partout.

8. Ce qui a été livré

Les huit vagues sont passées le jour même, dans le dépôt : rien n'est encore déployé ni publié. Les chiffres, mesurés avant et après :

Ce qui gênaitAvantAprès
Astérisques bruts dans les articles23 articles4 (fautes de source, nommées)
Fenêtres de mot de passe côté lecteur2 routes0
Signatures d'auteur~40 graphies14 identités
Tags affichés751189 facettes
Articles reliés à au moins un concept13 % cités par un autre481 sur 510
Recherchetitre, résumé, tagstexte intégral, sans accents, extraits surlignés
Mode sombreà moitié, clair forcé sur les articlescomplet, au choix du lecteur ; 0 défaut de contraste sur 19 pages
Écrire un articlela ligne de commandel'admin : aperçu réel, liste de contrôle, publication vérifiée

Il reste une décision à FG (ouvrir ou non les commentaires au public) et ses gestes : relire les registres (config/*.json), publier les articles anonymisés, déployer.

Les leçons

  • Une machine qui ne ment plus ne suffit pas à faire un blog. Il faut aussi quelqu'un qui décide à qui il parle.
  • Mesurer côté lecteur trouve d'autres défauts que mesurer côté dépôt. Aucune de nos gardes ne voyait les astérisques bruts, ni les fenêtres de mot de passe.
  • Une fonction jamais utilisée est souvent une fonction cassée. Zéro réaction sur 558 articles n'était pas un désintérêt, c'était un 401.
  • Un audit automatique ne voit que les pages qu'on lui donne. Notre contrôle de contraste passait sur les 19 pages du blog ; il ne regardait pas l'admin, que le nouveau mode sombre rendait illisible. C'est en s'en servant qu'on l'a vu.

source markdown

Concepts de cet article

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