Accroche
En quelques jours, le site de Côté Jardin est passé d’une vitrine à remettre d’aplomb à un outil que le gérant peut faire vivre lui-même. Le résultat, côté rue, reste volontairement simple : des pages rapides, lisibles, sans cookie, avec le numéro de téléphone toujours à portée de pouce.
En coulisses, cette simplicité repose sur une source de vérité unique, des contrôles stricts avant publication, et une administration taillée pour l’hébergement mutualisé OVH déjà en place — pas pour une stack de démo.
Le site public : cotejardin.pizza.
Un seul indicateur : est-ce que le téléphone sonne ?
Le projet n’a jamais eu pour objectif de maximiser les pages vues ou le temps passé. Une personne qui cherche une pizzeria à Évaux-les-Bains veut savoir trois choses : est-ce ouvert, où est-ce, et comment appeler. Si elle trouve la réponse en quelques secondes et téléphone, le site a fait son travail.
Cette idée a guidé tout le reste :
- une barre d’appel visible sur mobile ;
- les informations essentielles placées haut dans la page ;
- une carte lisible sans télécharger de PDF ;
- une interface qui ne demande pas d’effort inutile.
Tout ce qui n’aide pas l’appel est secondaire. C’est écrit noir sur blanc dans le handoff du projet, et ça a servi de filtre à chaque décision technique.
Corriger les faits avant de travailler la forme
La leçon la plus importante est venue des horaires. Le site reprenait une ancienne information devenue fausse : service du midi, fermé le dimanche. La réalité était autre — ouverture large en continu, fermeture le mardi. Trois erreurs distinctes, reprises à de nombreuses reprises dans les textes, les métadonnées et même le JSON-LD destiné à Google.
Un client pouvait se déplacer le mauvais jour. Google affichait les horaires en direct. La correction n’a pas consisté à changer une ligne : il a fallu retrouver toutes les occurrences et réécrire les textes qui reposaient sur cette mauvaise prémisse.
Depuis, la règle est nette : un horaire, un prix, une garniture, un allergène ou un avis ne se devine pas. Une donnée plausible mais fausse est plus dangereuse qu’une case vide, parce qu’elle ne déclenche aucune question. Ce qui attend encore Yann reste signalé comme tel — sans être complété à sa place.
Une source de vérité, puis du HTML statique
Les informations affichées vivent dans un fichier site.json. Un générateur PHP les valide, les injecte dans des gabarits, puis produit des pages HTML statiques. Le visiteur ne dépend ni d’une base de données ni d’un serveur d’application pour lire la carte.
Ce choix compte pour le référencement local. Les noms des pizzas — Auvergnate, Saint-Nectaire, Savoyarde — et les infos utiles sont dans le HTML, pas reconstruits en JavaScript après le chargement. Le site reste rapide, robuste, et compréhensible par les moteurs comme par les outils d’assistance.
PHP ne tourne que derrière /admin/. Le site public est un site de fichiers. C’est volontaire : un serveur local de fichiers statiques révèle immédiatement toute dépendance accidentelle.
« Grand & clair », jusque dans les détails
Le design retenu porte bien son nom. « Grand & clair » privilégie les tailles lisibles, les contrastes, des zones tactiles confortables et une hiérarchie visuelle immédiate. Ce travail sert les personnes âgées, mais aussi celles qui ont besoin de limiter la charge attentionnelle.
Les animations respectent le réglage de mouvement réduit. Les contenus ont été réordonnés pour aller à l’essentiel, sans transformer la page en catalogue impersonnel. La marque garde sa chaleur ; le parcours reste court.
Le même principe a été appliqué au guide d’administration : un mode d’emploi direct, humain, qui explique les gestes sans jargon — aussi disponible en PDF pour Yann.
Une administration autonome sur OVH
L’administration tourne en PHP sur l’hébergement mutualisé existant. Yann peut y modifier les horaires, la carte, les allergènes, la FAQ, les textes, les avis et les mentions légales, puis publier sans toucher au code.
Une publication ne remplace pas immédiatement le site en place. Les données sont d’abord contrôlées, le nouveau HTML est généré dans une cible séparée, puis le résultat est basculé de façon atomique. En cas d’erreur, l’ancienne version reste servie. Après publication, un miroir met à jour le webroot tout en préservant les points d’entrée de l’administration, de l’API, et le verrou d’indexation (robots.txt non permuté hors bascule SEO).
Mesurer sans suivre les personnes
La mesure d’audience compte seulement des vues agrégées par page et par jour. Elle n’écrit ni cookie, ni adresse IP, ni identifiant, ni chaîne User-Agent. Elle n’appelle aucun service tiers au chargement — le plan Google, lui, ne s’ouvre qu’au clic.
Pas de bandeau de consentement : ce n’est pas un oubli, c’est un choix documenté. Cette sobriété est cohérente avec le vrai indicateur du projet. Les compteurs aident à voir quelles pages sont consultées ; ils ne remplacent pas la question utile : le téléphone sonne-t-il ?
Le prochain CMS restera natif
Un lot planifié prépare la suite : apparences prédéfinies, aperçu isolé, événements temporaires qui s’activent et s’arrêtent à la bonne date. Ce CMS n’est pas encore implémenté.
Il restera volontairement sans framework. PHP produira toujours le HTML public ; CSS et JavaScript n’ajouteront que des thèmes et des micro-interactions bornées. Pas d’éditeur libre qui puisse casser la page, pas de contenu commercial inventé, et retour automatique à l’apparence stable après un événement.
Fermer une session sans laisser deux histoires
La clôture a aussi porté sur l’historique de travail : branches et worktrees nettoyés, correctifs remis dans leur périmètre, stash vidé de ce qui restait utile. Deux défauts de tests connus sont maintenant décrits dans des fiches distinctes — visibles, reproductibles, séparés du reste.
La technique n’est plus le principal verrou. Il reste à recevoir ou saisir les données que Yann seul peut confirmer (légal, allergènes, coordonnées relevées). L’indexation reste volontairement fermée tant que la bascule SEO n’a pas sa propre validation.
Ce que ça change vraiment
Le site public n’est pas devenu plus compliqué. Il est devenu plus sûr à modifier.
C’est toute la différence entre une vitrine figée et une administration réellement autonome : le passant affamé garde un parcours de trente secondes ; le gérant garde la main sur les faits ; et personne n’a besoin d’un bandeau de cookies pour manger une pizza à Évaux.